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LOUIS-FERDINAND CELINE

 

 

BAGATELLES POUR UN MASSACRE

 

[6] (p. 61-70)

On peut se demander pourquoi les journaux de droite, de gauche, du centre, ne racontent jamais rien des Juifs ? En tant que juifs, je veux dire activement juifs, attentivement juifs, spécifiquement juifs et racistes ?...

Quand ils se décident à nous parler des Juifs, qu'ils s'y trouvent contraints, par hasard, c'est avec d'infinies mitaines, un luxe inoui de précautions, d'éblouissants préambules, dix mille flatteries d'enfiotés : " Ce très grand artiste israélite voulait bien nous recevoir... une belle ascendance sémitique... le grand, le génial et philanthrope financier de la noble race des Rotschild... l'idéalisme éperdu, la flamme bouleversante, ce feux noir qu'on surprend aux prunelles, à fleur d'âme, chez ce jeune poète que l'ardeur messianique consume... "

Toutes les circonlucutasseries, ces servilités canines veulent dire en termes directs : " Attention ! mon petit journaleux, mon petit échotier fragile ! Attention ! ces individus que tu vois là devant toi, sont autant de Juifs ! Fais donc bien gafe ! terriblement... Ils appartiennent à la race la plus puissante de l'univers... dont tu n'es de naissance qu'un des domestiques... Ils peuvent pour un mot de traviole te faire virer de ton emploi... te faire crever de faim sans appel... "

" A quel moment, Monsieur le Juif, désirez-vous que je baisse mon froc ? Aurez-vous la bonté de me mettre ?... "

Telle est la signification de ces préambules gominés, le sens profond de veulisseries poignantes.

Pendant toute l'affaire Stavisky il est passé un mot d'ordre dans toutes les rédactions du monde qui devait coûter cher par jour, une consigne formelle... On l'a intitulé turc, ce petit Juif paranoiaque, étranger perfide, métèque, espion oriental, aventurier polonais, coiffeur, heimatlos, dentiste, parachutiste. maquereau. tabétique, terre-neuvas... n'importe quoi... pour égarer, divertir... mais jamais le mot propre JUIF... Pourtant ce n'était que cela... Il n'avait pu réussir toutes ses entourloupes que par la force de la juiverie... Comme Loewenstein, comme Barmat, comme Mme Simpson, comme Bigore, comme toute la finance et le reste...

Remarquez un petit peu... en toute occasion similaire : la même fanfare... Rodomontades de la droite, braillage confus de la gauche, foire au centre, dégonfloirage de partout... Passez muscade ! C'est admirablement bien joué... Si vous risquiez un petit mot contre la grande invasion youtre, la colonisation de vos fesses, vous tous, autant que vous êtes journaux !. Matamores pourris ! putinisés encre comprise, jusqu'aux derniers caractères, on vous étranglerait si net que l'on oublierait en huit jours le nom même que vous arborâtes !... Jusqu'à la couleur de vos pages... Plus une annonce ! Plus un théâtre ! en cinq secondes ça serait tranché, transmis, lavé... Plus un crédit, plus un permis, plus un papier, et puis bientôt plus une nouvelle, plus un appel au téléphone, le vide !... Le Juif peut faire le désert autour de n'importe quel business, banque, industrie, théâtre ou journal... Ford qui les a en horreur, il a fallu qu'il ferme sa gueule, pourtant bien puissante. Il allait sauter dans les huit jours !... Le juif arrose ou n'arrose pas !... avec de l'or !... Ça pousse ou ça ne pousse plus. Si ça ne pousse plus, l'homme crève. Aussi brave, aussi stoique qu'on puisse l'imaginer.

O feintes campagnes ! O furibonds compromis ! O tartuferies besogneuses ! O bougonnements de vieux larbins !... Jurez ! Anathémisez ! Sacrez ! Pourfendez la lune ! Crevez les bulles communistes ! Vitupérez dans les trombones !... Quelle importance ? Aucune ! Tous les maîtres absolus du monde, sont tous absolument des youtres ! De New York, Hollywood, Milan, Prague, Berlin, Moscou... c'est du même... en dépit de toute apparence, les mêmes compères, de la même cosmique farce... Alors qu'est-ce que ça peut bien leur foutre que les barbares dans les grilles s'agitent, se bigornent, secouent leurs chaînes et leurs entraves, comme-ci, comme-ça, pour des conneries ? Il faut remonter les boulets de quelques crans et puis c'est marre... de temps à autre. Les révolutions servent à cela... ne servent qu'à cela... tremper un peu mieux la ferraille pénitentiaire, les jolis bracelets blindés, fondus &laqno; bobards »...

Mais ! qu'ils se disent les youtres, une constitution ? une autre ? C'est du même pour nous youtres qui tenons le grand manche ! Le communisme ? Mais il est parfaitement en fouille ! Nous deviendrons tous des &laqno; commissaires » le jour où les Bourses fermeront... Les Bourses, d'abord c'est des fatigues... y a des fissures... y a des goymes qui se servent encore des libertés... qui se faufilent un peu dans les rentes... Il faut que ça cesse décidément. On va supprimer ces abus !... Tout ça va rentrer dans l'ordre, dans le parfait troupeau... C'est-à-dire que les rentiers mangeront avec les autres chiens les ordures... L' or, c'est nous, Juifs ! Le Juif en or ! Et puis c'est marre !... Le monde est à nous !... c'est pas pour des frites... A nous youtres, les paranoiaques les plus ruminants de l'univers ! qu'on est vorace à mille pour un... Le nouveau truc est déjà prêt... " la machine à sous " terrifique !... Absolument, entièrement Juive pour la transition politico-financière, avec gardes mongols... Tous les édits sont au point. Il va suffire qu'on les promulgue... Ils circulent déjà dans les Loges, on les admire fort :

" 1° Tout l'or des vraies démocraties, des vrais gouvernements du Peuple, sera réservé désormais aux échanges internationaux ; 2° Les valeurs en signes, en billets, n'auront plus cours à l'étranger, ces vignettes seront réservées à l'usage des échanges à l'intérieur. "

Voilà ce qu'ils racontent les édits de l'Avenir... et cela veut dire en français net :

" A partir du jour d'aujourd'hui, seuls les Juifs pourront voyager... " Tout seuls ou avec leur famille, ou bien encore plus gentiment avec leurs petites indigènes, bien suceuses, bien idolâtrices, petites otages intimes du lit, espiègleries coloniales.

L'or devient par ce passe-passe. la toute propriété des Juifs, des politiciens, commissaires juifs, des cadres juifs, artistes juifs... Vous saisissez ? Les indigènes de cet instant ne reçoivent plus pour leur labeur que des gages entièrement fictifs... des petits salaires en " monnaie de singe ", des " bons points ", absolument dépendants de l'arbitrage des maîtres juifs, c'est la monnaie de l'intérieur, la monnaie pâle, dite nationale, pour l'achat du kilo de pain, du cercueil, de quelques billes...

Les seigneurs juifs, toujours anxieux, persécutés, seront en perpétuel voyage d'un bout à l'autre de la planète, leur planète... Ils s'arrêteront plus... De New-York à Yokohama, de cousins en petits frères juifs, de Trébizonde au Kamtchatka, d'instabilité en angoisse, ils iront signer des accords et marchés... préparer les déportations, les envois de nouveaux esclaves, les renforts de stakhanovistes. La voici la " liberté " dont nous parle toujours Dorgelès... 80.000 lieues sous les Juifs. Les indigènes brimés, matés par la faim, le froid, la guerre la folie, dressés jusqu'au sang, jusqu'aux moelles, jusqu'à la racine du concombre, n'auront bien sûr plus aucun droit au moindre passeport ! De quoi ?... de quoi ?... Ils défileront à l'intérieur des frontières, dans leurs chenils formidables, chaque meute enclose dans ses grilles, ils défileront sous les bannières, en musique, en râlantes chorales, porteurs des magiques pancartes, des effigies de leurs chiourmes, des sentences énormes, slogans juifs... Je me tue pas l'imagination pour prévoir les événements... J'ai pas besoin d'inventer... Il suffit d'aller se rendre compte en Russie... comment qu'elle fonctionne la belle Aventure... Notre avenir est là, tout entier, il se montre à nos regards, il ne se cache pas du tout... Les Aryens ne sont pas curieux... Ils restent chez eux, font la belote, se font brunir sur les dunes, picolent, s'unissent sous les bosquets. Tandis que les Juifs, eux, se déplacent, ils y vont tous aux Soviets se compte, prendre de la graine... 98 % des touristes qui viennent en U. R. S. S. chaque année, de tous les pays du monde, sont des Juifs... auteurs, poufiasses. critiques d'art, comédiens, tous juifs...

Ils vont flairer le vent d'Asie... humer l'admirable revanche. Ceux qui ne sont pas youtres, du voyage, sont tout au moins francs-maçons, grands démocrates, grands démagogues, nos plus zélés traîtres pour tout dire, effrénés propagandistes, fervents rassembleurs pour la Paix ! tous yeux clos, véreux, vendus, tout ils absorbent, tout ce qu'on leur dit... veules, bâfreurs, cupides, foutrés comme des clacs...

Quant au petit clan réfractaire, les crapauds râleurs de toujours, ils coassent juste le nécessaire... Il en faut ! S'ils existaient pas, ces putrides, il faudrait qu'on les fasse venir à quelques frais... Ils provoquent, ils justifient certaines mesures, certaines rigueurs... Certains arrêtés par exemple : " Tous les propos antisémites seront passibles désormais de la peine de mort "... Voici un édit fort convenable. Et je parie que d'ici peu, nous en verrons de tout pareils collés sur nos murs... Je fais le nécessaire.

* * * * *

 

Je dois dire qu'avec le Popol on est tout de même tombé d'accord, on a conclu : C'est des vampires ! des saloperies phénoménales, faut les renvoyer chez Hitler ! en Palestine ! en Pologne ! Ils nous font un tort immense ! On ne peut plus les garder ici !... Surtout que Popol, en parenthèses, il venait de subir un dur échec, son chef-d'oeuvre refusé tout net par la Ville, un magnifique paysage, pour l'Exposition, tous les Juifs avaient fait florès, lui seul restant sur le sable...

Mais pour constituer ma croisade, Popol, si brave, si vaillant, ça pouvait pas tout de même suffire... Il fallait encore que je recrute... Je le préviens donc :

-- Attends-moi ! je reviens immédiatement... Je ne fais qu'un saut jusqu'à Bezon, je vais réveiller mon cousin, Gustin Sabayote... Je vais le sortir de sa torpeur... Il faut qu'il nous suive... Il est célibataire aussi... Il est donc libre en principe... II demeure à gauche de la mairie... Un moment !...

Au moment où je le surprends, il était dans sa cuisine, Gustin, en train d'ouvrir les petits pois... Gustin il a qu'un petit vice, il fume la pipe sans arrêt... Je m'embarrasse pas de préambules... je l'affranchis en cinq sec... Je lui casse le morceau... Il me répond :

-- Ferdinand, te voilà bien fanatisé, enfin cause toujours, mais je te préviens je te mets en garde, les Juifs sont bien intelligents... y a qu'eux en France qui lisent des livres, qui se documentent, qui se tuyautent, ils sont armés de connaissances, occupent maintenant toutes les, places, tous les condés sont dans leurs mains, ils savent se rendre populaires, ils font du bien au surplus, au petit peuple, les 40 heures, c'est leur blot,.. et puis les vacances... Tu vas te faire mettre en prison... Tu vas te faire écharper sans doute...

-- Intelligents, quoi ?... que je m'insurge. Ils sont racistes, ils ont tout l'or, ils ont saisi tous les leviers, ils se cramponnent à toutes les commandes... C'est ça leur intelligence ?... Y a pas de quoi reluire !... Ils se filent admirablement le train, ils éliminent, dégoûtent, pourchassent, traquent... tout ce qui peut rivaliser, leur porter le plus petit ombrage... C'est leur croisade contre nous, la croisade à mort... C'est ça leur intelligence !... Tous les boulots intéressants, ils se les mettent en fouilles... accaparent, ils en expulsent sec ou au petit feu tout ce qui n'est pas proprement juif... salement juif... enjuivé... proyoupin... enculé de juif... C'est la grande technique du coucou... Pour parler du maximum, pour bien illustrer les choses, si Einstein n'était pas juif, si Bergson n'était pas coupé, si Proust n'était que breton, si Freud n'avait pas la marque, on en parlerait pas beaucoup ni des uns ni des autres... ça serait pas du tout ces génies qui font lever le soleil !... Je peux te le garantir bougrement... Le moindre petit pet de Juif ça s'appelle un boum ! de nos jours une révélation admirable, mon ami, instantanément ! par l'effet automatique de l'armature juive du monde... des millions de grelots qui s'ébranlent... On la monte cette pauvre vesse en miracle ! et au galop !... Que ça soit peinture de Cézanne, Modi, Picasso et tous les autres... films de Monsieur Benhur, musique de Tartinowsky ça devient tout de suite un événement... L'énorme préjugé favorable, mondial, devance, prélude toute intention juive... Juifs, tous les critiques de l'univers, tous les cénacles... toutes les informations !... Toutes les agences juives du monde se mettent au moindre murmure, au moindre frisson de production youtre à cracher les foudres du Tonnerre... et la publicité parlée raciste juive, fait admirablement écho... Toutes les trompettes se débouchent d'un bout à l'autre des continents, saluent, entonnent, fracassent, bourdonnent du merveilleux Hosanna ! au sublime envoyé du ciel ! Encore un Juif incomparable de la palette ! de l'écran ! de l'archet ! de la politique ! infiniment plus génial ! plus rénovateur sans conteste, que tous les génies du passé (évidemment tous des Aryens). L'épilepsie s'empare aussitôt en trombe des goymes grotesques, ils exultent en choeur ces cocus, foncent violemment dans le chorus, de toute la force de leur connerie, ils se feraient crever tous céans !... le triomphe de l'idole juive nouvelle !... Il suffit pour les combler qu'on leur offre encore un peu de merde juive pour se vautrer... Ils sont pas plus difficiles... Ils ont perdu tout instinct... Ils savent pas faire la différence entre le mort et le vivant... " l'organique " et le velléitaire, le carton pâte et le pur jus, la vessie plutôt que la lanterne, le faux et l'authentique... Ils savent plus du tout... Ils ont sucé bien trop d'ordures, depuis bien des siècles et des âges pour s'y retrouver dans l'authentique... Ils se régalent plus qu'en falsifis... Ils prennent l'eau de Javel pour de l'eau de source... et ils la trouvent bien préférable ! infiniment supérieure. Ils sont rythmés à l'imposture. Evidemment, en conséquence, malheur, bordel ! à l'indigène qui pourrait se faire remarquer par quelque don original, par une petite musique à lui... un petit souffle de tentative ! il deviendra tout de suite suspect, détesté, honni parfaitement par ses frères de race. C'est la loi des pays conquis que rien ne doit jamais secouer la torpeur de la horde esclave... Tout doit retomber au plus tôt... dans les ruminations d'ivrognes... Ce sont eux, les frères de race, qui se chargent le plus strictement de l'obstruction méthodique, du dénigrement, de l'étouffade. Dès qu'un indigène se révèle... les autres de même race s'insurgent, le lynch n'est pas loin... Dans les bagnes, les pires sévices sont exercés par les forçats eux-mêmes... entre eux-mêmes, mille fois plus cruels que le chiourme le plus atroce...

Les frères de race sont bien dressés... Pour l'alcoolique habituel, l'eau de source devient un poison. Il la hait de toute son âme... Il n'en veut plus voir sur la table... il veut de la fiente en bouteille... en films, en livres, en tirades, en chansons d'amour, en pissats... Il ne comprend plus que le Juif... tout ce qui sort de l'égout juif.... Il s'en régale, il s'en pâme... Et rien d'autre ! Les Aryens, les Français surtout, n'existent plus, ne vivent plus, ne respirent plus, que sous le signe de l'envie, de la haine mutuelle et totale, de la médisance absolue, fanatique, maximum, du ragot forcené, plus mesquin, du cancan délirant, de l'aliénation dénigrante, du jugement bas plus bas encore, plus bouzeux, plus acharnément vil et lâche... Parfaits esclaves, agents provocateurs enthousiastes, moutons, faux-jetons, janus de permanences et de bistrots, admirablement dressés par la police juive, les comités du grand pouvoir juif... Plus aucun sens racial d'entraide. Plus aucune mystique commune. Les Juifs nagent adorablement dans ces eaux purines... Cette énorme muflerie permanente, cette trahison mutueile de tous contre tous, les enchante et les comble... La colonisation devient un beurre. Sur cette vénalité mesquine, absolue, du fond paysan français les Juifs se régalent, exploitent, agiotent à ravir... Ils tombent au milieu de cette charognerie abracadabrante comme l'hyène sur la tripe avancée... Ce pourri c'est leur fête, leur élément providentiel. Ils ne triomphent qu'en pleine gangrène...

Diligents, ondoyants, obséquieux, informés, orientaux, visqueux, secrets, toujours prêts à faisander, forcer vers une pourriture plus grande... plus spongieuse encore, plus intime... Ils l'ont belle ! Ils l'ont magnifique !... Corrompre largement... plus intimement.... Ils n'ont jamais rencontré sur les routes de leur triomphe des hordes larbines plus serviles, mieux bouffies de haines réciproques, ahuries par des siècles d'alcool et de polémiques mitoyennes. Tailler, farfouiller cette tourbe française, en extraire tout le jus, tout l'or, le profit, la puissance, c'est pour le Juif un jeu de prince !... L'esclave lui arrive titubant, moulu, dans les fers... Il suffit de les disposer sous ses pas. Le blanc, le Français surtout. exècre tout ce qui lui rappelle sa race... Il n'en veut à aucun prix... Tout ce qui n'a pas le cachet juif, qui ne pue pas le juif, n'a plus aujourd'hui pour l'Aryen de goût, de réalité, de saveur. Il lui faut, il exige son bluff juif, la pommade juive, le clinquant juif, l'escroquerie juive, l'imposture juive, le nivellement juif, par tout ce qu'il dénomme le progrès, progrès juif... Tout ce qui est simple, direct, comme sa. propre nature occidentale, le porte à la suspicion, la haine immédiatement... Il s'insurge, il se met en boule, il n'a de cesse qu'on ait fait disparaître ces évocations de sa vue... ces fantômes qui l'agacent. La vérité, la simplicité l'insultent... Une totale inversion des instincts esthétiques... L'on est parvenu par propagande et publicité à lui faire renier à présent son propre rythme...... Ce qu'il recherche à présent le plus au cinéma, dans les livres, la musique, la peinture, c'est la grimace, l'artificieux, l'alambiqué, la contorsion afro-asiatique. Il faut aller encore plus loin dans la voie capitulaire... Supposez que moi, petit goyme, il m'advienne, un certain jour, de publier, Dieu m'en garde ! quelque petit roman... de brosser quelques grêles portraits... de moduler quelques cantates... de rédiger un mince mémoire, mettons sur le " Bilboquet ", ses règles, ou quelque étude approfondie sur l'origine des verrues... si je ne suis qu'un simple autochtone... même pas franc-maçon du tiers-ordre... qui viendra me lire ?... m'écouter ?... Certainement pas mes frères de race... Ils vénèrent trop leur ignorance, leur fainéantise, leur hébétude prétentieuse...Mais certainement tous les Juifs qui se promènent dans les parages... Si mon petit ou gros navet contient quelque authentique substance, émotive, lyrique, il sera par eux promptement décortiqué, déglouti... Les Juifs sont plutôt mal doués pour les arts, biologiquement, du fond même de leur nature. Ils essayent de faire de l'art, en Europe tout au moins ils y parviennent mal et de travers... Il faut qu'ils suppléent, qu'ils trichent, qu'ils pillent sans cesse, qu'ils sucent les voisins, les autochtones pour se soutenir... Les Juifs manquent désastreusement d'émotion directe, spontanée...Ils parlent au lieu d'éprouver... Ils raisonnent avant de sentir... Au strict, ils n'éprouvent rien... Ils se vantent... Comme tous les afro-asiatiques leur système nerveux, ataviquement, est de zinc et le demeure, rustre, vulgaire, et fort commun pour tout dire, en dépit de tant d'efforts, et d'énormes prétentions... Précoces et frustes, mais sans échos. Ils sont condamnés s'ils s'ébattent sous nos climats, à se dépenser en grimaces, en tam-tam, en imitations, comme les nègres et comme tous les singes... Ils ne ressentent rien directement, et n'assimilent que peu de chose en profondeur... d'où ces enculages infinis de mouches, ce plurifouillage tout en bluff, ces forcenées didactiques, ces analysmes effrénés, tout ce pompeux masturbage doctrinaire, au lieu d'humanité directe, de véritable inspiration. Ils seraient à plaindre, s'ils n'étaient pas si emmerdants. Ils sont plutôt bûches que violons, malgré tout ce décarcassage frénétique, universel, toujours en train de nous bluffer encore, de nous démontrer tout le contraire.

Comme tous les grands insensibles il ne leur vient guère à l'esprit, spontanément que des gaffes.

Revenons à nos moutons, quand les Juifs auront passé, je disais, à travers mes petits ouvrages, qu'ils auront prélevé, soutiré tout ce qui peut leur porter profit je serai complètement démarqué, maquillé, revendu, vulgarisé sous leurs plumes, tout enjuivé malgré moi sous leurs noms, l'étiquette, de mille autres petits Juifs internationaux. encore plus pillards si possible, de plus en plus culottés, tous plus sournois, plus talentueux, plus géniaux les uns que les autres... Mon compte sera bon à moi personnellement, on me fera le coup de l'oubli total, de l'humiliation à outrance, de l'étouffement, de la minimisation par tous les moyens en vigueur, de l'effacement, de la négation, de l'extraction si possible...

Le processus bouliphagique juif complet... D'ailleurs, il faut bien l'avouer... mes frères de race, dans l'occasion, se montreront, c'est certain, cent mille fois plus abjects que n'importe quels youtres... Ils n'ont pas je crois leurs pareils, dans le monde entier, pour dégueuler à plein fiel sur l'honnête travail. Le Français en particulier, se détache nettement de l'ensemble aryen, par sa haine irrémissible, inexpiable, pour tout ce qui, même de loin, lui rappelle quelque lyrisme. Alors, il ne se contient plus de fureur obscure ! le sang lui vient aux yeux... Quelle faillite... Quel abêtissement ! depuis les cavernes... Quelle déroute ! Quelle ignoble involution dans l'inertie et dans la chiasse... S'il nous voyaient les Cromagnons, ces graveurs sublimes ! quelle honte ! Rien n'est plus odieux de nos jours, humainement plus odieux, plus humiliant que de regarder un Français moderne dit lettré, dépiauter narquoisement un texte, un ouvrage... n'importe quelle bête à côté possède une allure noble, pathétique et profondément touchante. Mais regardez ce bravache grelot si indécent de suffisance, obscène de muflerie fanfaronne, d'outrecuidance butée, comme il est accablant... Que lui expliquer encore ? lui répondre ?... Il sait tout !... Il est incurable ! S'il a obtenu son bachot alors il n'est même plus approchable. Le paon n'est plus son cousin. Tout ce qui peut ressembler même vaguement à quelque intention poétique, lui devient une insulte personnelle... Ah ! mais ! Ah mais ! on se fout de lui ?... De ce bachot malheureux il sort mille fois plus sauvage, plus irrémédiable qu'un cafre... Il ne retrouve tout son entrain, toutes ses boutades, ses brosses à reluire, son figarotisme, toute sa tradition de pirouettes, sa frivolité piquante, toutes ses contorsions mignardes de cul surbouché qu'au moment de flatter le Juif, son sourcilleux maître. Du coup alors il se rend, il se donne, il se surpasse. Tout ce qui mijote de mielleux au fond de sa carcasse trouillotière lui jaillit sous la plume, d'un coup... Je suis tombé l'autre jour, dans le cours d'une revue d'art, sur les propos d'un de ces immondes. Il s'agissait de peinture, je cite à peu près, de mémoire :

" Ah ! qu'il s'écriait ce fainéant, il y a belle lurette déjà, qu'en France tout au moins, nos critiques les plus éminents ne font plus aucune distinction dans leurs appréciations entre le artistes


Ce texte comporte les pages 61-70 du pamphlet de Louis-Ferdinand Céline, intitulé Bagatelles pour un massacre. Le "massacre", dans la pensée de l'auteur, est évidemment celui qu'il prévoit, en 1937, comme ce qui arriverait s'il éclatait une deuxième guerre mondiale.

Contrairement à la rumeur, les pamphlets ne sont pas interdit par des lois, des règlements ou des tribunaux. Ils n'ont pas été réédités par des maisons d'édition ayant pignon sur rue parce que l'auteur, revenu en France, voulait pouvoir vendre les livres qu'il écrivait alors pour gagner sa pitance. Cette mesure d'opportunité n'a plus lieu d'être après la disparition de l'auteur, en 1961. Personne n'a la droit de soustraire à la légitime curiosité des générations suivantes ce qui a été le noyau incandescent de la littérature française vers le milieu du vingtième siècle.

Le texte ici reproduit est celui d'une édition probablement pirate. Les détenteurs d'une éditions réellement authentique voudront bien nous signaler les éventuelles différences.

D'autres groupes de 10 pages suivront.

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