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LOUIS-FERDINAND CELINE

 

 

BAGATELLES POUR UN MASSACRE

 

[7] (p. 71-80)

français nés sur notre sol, et nos chers artistes d'origine étrangère ! (lisez les Juifs) Paris leur doit tant et tant ! Le Rayonnement de Paris ! (juif). Puisqu'ils nous ont adoptés, eh bien nous les adoptons ! Ils deviennent également français ! (tu parles ! pas à Verdun !) au même titre que les autres ! Fraternité artistique d'abord ! par-dessus toutes les frontières !.,. Dans les Beaux-Arts plus de patrie ! Un seul coeur unanime pour tous ! Plus de préjugés raciaux ! Fraternité culturelle ! Qui songerait..., etc., etc. "

Bien sûr ! Bien sûr ! Durandin ! Quand tes maîtres juifs, la prochaine fois, te donneront l'ordre de leur passer une fière languetouse dans le creux des miches... de bien mastiquer la fondante, de ne pas te faire mal à l'estomac, sûrement que tu trouveras encore d'autres élans plus fougueux si possible pour communiquer ton ivresse... Je t'entends d'ici... "Mais la merde juive mes chers frères, pour un palais bien français, mais c'est une dégustation sans pareille ! Un nectar inouï ! véritable ! une montée au ciel ! Ah ! le triste sire ! Ah ! plaignez le pauvre cafard ! Celui qui boude à l'écart ! Celui qui se retient ! Celui qui ne fonce pas d'autor ! dévorer l'adorable étron... l'exquis caca juif génial ! Mais c'est un retardé de l'esprit !... La divine fiente "deux fois française" ! adoptée ! Celle que l'on doit préférer toujours précieusement, dévotieusement à n'importe quel autre délice à n'importe quel céleste séjour ! "

 

 

 

Tous les peuples de la Terre seront enchaînés au trône d'Israël, à la suite d'une guerre mondiale atroce où les trois quarts des populations seront décimées. Il faudra trois cents ânesses pour porter les clefs du Trésor

Le Talmud.

Mais t'es antisémite ma vache ! C'est vilain ! C'est un préjugé !

--J'ai rien de spécial contre les Juifs en tant que juifs, je veux dire simplement truands comme tout le monde, bipèdes à la quête de leur soupe... Ils me gênent pas du tout. Un Juif ça vaut peut-être un Breton, sur le tas, à égalité, un Auvergnat, un franc-canaque, un "enfant de Marie"... C'est possible... Mais c'est contre le racisme juif que je me révolte, que je suis méchant, que je bouille, ça jusqu'au tréfonds de mon benouze !... Je vocifère ! Je tonitrue ! Ils hurlent bien eux aux racistes ! Ils arrêtent jamais ! aux abominables pogroms ! aux persécutions séculaires ! C'est leur alibi gigantesque ! C'est la grande tarte ! leur crème ! On me retirera pas du tronc qu'ils ont dû drôlement les chercher les persécutions ! foutre bite ! Si j'en crois mes propres carreaux ! S'ils avaient fait moins les zouaves sur toute l'étendue de la planète, s'ils avaient moins fait chier l'homme ils auraient peut-être pas dérouillé !... Ceux qui les ont un peu pendus, ils devaient bien avoir des raisons... On avait dû les mettre en garde ces youtres ! User, lasser bien des patiences... ça vient pas tout seul un pogrom !... C'est un grand succès dans son genre un pogrom, une éclosion de quelque chose... C'est pas bien humainement croyable que les autres ils soient tous uniquement fumiers... Ça serait trop joli...

Il faut bien observer qu'en France personne leur a jamais fait de mal... Ils ont prospéré tant et mieux, ils tiennent tout le haut du pavé... On a été avec eux libéraux, jusqu'au caleçon, regardez pourtant comme ils se tiennent !... Une bande de rats vociféroces, intraitables, implacables ennemis... C'est un bidon phénoménal ce grand martyr de la race juive... qu'on agite au-dessus des chrétiens... toujours jobards et dindonnants, enthousiastes cocus... deux millions de martyrs rien qu'en France, ça fait une force considérable ! C'est invincible à vrai dire... Une fois bien grimpés sur nos os, une fois ramollis nos bons coeurs, une fois bien sûrs qu'ils nous possèdent jusqu'aux derniers leucoblastes, alors ils se transforment en despotes, les pires arrogants culottés qu'on a jamais vus dans l'Histoire...

Napoléon disait toujours : "La neutralité pour moi, c'est le désarmement des autres". Le principe est excellent. Les Juifs ils peuvent dire tout de même : "Le communisme pour nous, c'est l'asservissement de tous les autres"...

En fait de victimes regardez donc les Juifs un peu à travers les âges... à travers tant et tant de guerres (une si petite population) ils s'en sont pas trop mal tirés, la preuve, ils ont jamais trop pâti, ils l'ont jamais eue si mauvaise que ces billes d'Aryens. Pleurer ça conserve !... Ils volent pas beaucoup aux combats. Ils suivent plutôt ça dans les Bourses ! Hécatombes ? Hécatombes ? Reports... Reports... Transferts...

En Russie, les youtres, aussitôt qu'ils ont commandé, ils ont pas mis beaucoup de mitaines pour décimer les Aryens... C'est par millions depuis dix-sept ans, qu'ils ont fait crever les impurs... Les Juifs n'aiment pas voir couler le sang ? Des clous ! Pas le leur bien sûr !... Mais celui des autres, ils s'en montrent des plus généreux... dès que l'occasion s'en présente. Pour un Juif, souvenez-vous bien... tout non-Juif n'est qu'un animal ! Au plus il peut être amusant, utile, dangereux ou pittoresque... Jamais davantage...

La race élue dans nos régions n'a pas encore fait procéder aux exécutions massives, seulement à quelques petits meurtres sporadiques. Mais cela ne saurait tarder. En attendant le grand spectacle, on travaille doucement la bête... Ou bien par saccades, par sautes, selon paniques bien préparées... Un jour on le serre au garrot, le lendemain on lui larde les jointures, il faut que l'animal s'affole, s'épuise et cafouille dans l'arène... dégueule, crache peu à peu tout son sang... dans la sciure et dans la Bourse... Les Juifs se pourlèchent, se régalent. Quand l'animal sera sur les genoux alors viendra la mise à mort, et sans résistance possible...

Combien ils ont gagné nos Juifs dans le coup du Front Populaire ?... sur les trois... quatre dévaluations ?... C'est pas calculable ! Trouvez-moi un seul ministre qu'ait perdu un peu d'argent ?... Jamais peuple souverain ne se montra si généreux, si grandiosement prodigue envers ses émancipateurs !... Où sont passés tous ces milliards ? Cherchez pas !... Chez les autres youtres de Suisse, de Genève, de New-York, de Londres... en très jolis immeubles... délicieuses valeurs à vue, en distilleries... armements...

Les Juifs ne spéculent pas tout seuls ! ne tripotent pas tout seuls au monde !... Ils ne sont pas les seuls racketers... Cette bonne musique. Evidemment, les chrétiens riches ils se soignent aussi énormément ! Ils se précipitent à toute berzingue sur tous les bonis du désastre ! Bien sûr ! Bien sûr !... Chacals comme personne ! Seulement il y a un "hic"... Les capitalistes "indigènes", leurs jours sont comptés ! Ils encombrent ! Ils ne sont eux aussi que des animaux ! Il faudrait pas qu'ils oublient ! Les Juifs eux n'oublient jamais... La veille de la fête ils mourront les exploitants blancs comme les cochons pour la noce... Ils se bernent de vaines illusions ! Ils n'iront pas au bonheur ! Ils ne sont qu'otages ! Le Juif à mesure qu'il avance ferme derrière lui toutes les grilles... Personne n'échappera au Destin. Toutes les clefs, il les garde... Il jette alentour quelques os pour repérer, rallier les plus voraces... Il en fera ses caïds, les traîtres du Grand Soir, comme on préserve à la Villette quelques bêtes, soigneusement dressées, toujours les mêmes, pour entraîner les autres, la horde, au couteau, le torrent des viandes à buter, bêlantes, pagaïeuses brouteuses de conneries.

 

 

 

Le Juif est la plaie de l'Humanité, l'ennemi de toutes les nations.

Fourier.

Je ne réponds jamais aux lettres. Ça a fini par se savoir. J'en reçois de moins en moins. C'est pas un genre que j'ai pris. Non... Non... C'est simplement que j'aime pas les lettres une bonne fois pour toutes et que je les ai même en horreur. Je trouve ça indiscret qu'on m'écrive. J'écris à personne, moi. Les "recommandées" c'est ma phobie. Je les refuse toutes en bloc, par principe. Les autres, les simples envois, c'est ma concierge qui les déchire, elle retire seulement les timbres pour ses petits garçons... Vous me direz : "Le pèze ?" Celui-là soyez bien tranquilles, il monte pas tout seul. Il faut que je descende le chercher. Il arrive pas par la poste. Le reste forcément c'est des mots. Je ne reçois pas non plus "l'Argus", Denoël pas davantage. Il trouve que ça coûte trop cher... Et puis les articles, faut avouer ceux qui traitent de vos si belles oeuvres restent toujours si loin de la question, tellement insolites, que c'est pas la peine de les lire, c'est vraiment du temps bien perdu, de la souffrance inutile.

Les critiques, surtout en France, ils sont bien trop vaniteux pour jamais parler que de leur magnifique soi-même. Ils parlent jamais du sujet. D'abord ils sont bien trop cons. Ils savent même pas de quoi il s'agit. C'est un spectacle de grande lâcheté que de les voir, ces écoeurants, se mettre en branle, s'offrir une poigne bien sournoise à votre bonne santé, profiter de votre pauvre ouvrage, pour se faire reluire, paonner pour l'auditoire, camouflés, soi-disant "critiques" ! Les torves fumiers ! C'est un vice ! Ils peuvent jouir qu'en dégueulant, qu'en venant au renard sur vos pages. J'en connais qui sont écrivains et puis millionnaires, ils sortent exprès de leurs rubriques pour se filer un rassis, chaque fois que je publie un ouvrage. C'est la consolation de leurs vies... des humiliations de profondeur, des "inferiority-complex", comme ça s'intitule en jargon.

Pour la question des missives, une seule fois j'ai fait exception en faveur de la Palestine. A la suite de "Mea Culpa" il m'est arrivé de Palestine tellement de lettres en quelques courriers, que ma concierge s'en est émue. Elle m'a demandé ce qu'elle devait faire. Les Juifs ils m'écrivaient en masse, de Tel-Aviv et d'ailleurs. Et puis alors sur un ton ! dans les furies d'une de ces rages ! à en consumer les enveloppes ! Ils se poussaient au rouge-blanc, les énergumènes ! Ah ! les petits Passionistes !... (Et voilà !) Ah ! il les aiment eux, les Soviets ! Ça je peux vous l'affirmer ! Si les chrétiens aimaient leur Pape avec cette ferveur effrayante, le Pape il ferait explosion, il pourrait jamais résister... De cet énorme fracas d'injures, cafouillages tonitruants, effrénées malédictions, de ces délires anathémiques, il se dégageait malgré tout, de cette cacophonie extrême, en haines surpressées, une certaine rengaine tonique... un air de trompette vainqueur, bien juif, bien connu... l'appel qui les rassemble tous, qui les fait droper tous ensemble, qui les fait foncer corps et âmes à la curée de l'Univers, l'air du "Sozial" comme ils l'appellent... Leur grand alibi, leur grand hallali. Tous ces "braves" de la Judée, tous anonymes plus ou moins, ils me vomissent en allemand. Ils terminaient à peu près tous, après quelques pages de hargne intensive, par quelque formule de ce genre : "Du ! Dümenkopf ! wirst du nimmer doch Sozial denken ?" ! (Toi ! idiot ne penseras-tu donc jamais "sozial ?")... "Sozial denken" ! Penser "sozial !" Voici le pharamineux dada, le grand destrier de toute la race youtre ! de toutes les invasions, les dévastations youtres. Penser "sozial !" cela veut dire dans la pratique, en termes bien crus : " Penser juif ! pour les Juifs ! par les Juifs, sous les Juifs !" Rien d'autre ! Tout le surplus immense des mots, le vrombissant verbiage socialistico-humanitaro-scientifique, tout le cosmique carafouillage de l'impératif despotique juif n'est que l'enrobage mirageux, le charabia fatras poussif, la sauce orientale pour ces enculés d'Aryens, la fricassée terminologique pourrie pour l'adulation des "aveulis blancs", ivrognes rampants, intouchables, qui s'en foutrent à bite que veux-tu, s'en mystifient, s'en bâfrent à crever.

* * * * *

 

 

" Sozial denken ", cela veut dire pour être tout à fait explicite une fois la Révolution faite, bien faite, réussie, les indigènes bien saignés, transis, parqués, mis en bottes, une arrivée sur nos os, une nouvelle ruée d'Orient d'au moins un million de fonctionnaires avec les rejetons, les houris, les mendigots, les hommes de main, les derviches, leurs lèpres, leurs tranchomes, les marchands d'haschisch, tout le caravansérail grêlé des hordes asiatiques.

Aux premières triomphales clameurs saluant "l'affranchissement des masses", les voilà qu'eux aussi, tressaillent, s'ébranlent et foncent en trombes sur la France, de partout, aux moindres rumeurs. Au signal que la "Bête est morte !"... Ils laissent tomber Tel-Aviv... Ils s'envolent du Kamtchatka... Ils jaillissent de Silésie... des tréfonds Bessarabiens... des bords de la Chine, des bourbes d'Ukraine, des Insulindes, de tous les égouts d'Amérique... Ils pullulent par toutes les routes pour les rats. Ils se précipitent par myriades... Ils dévalent...ils comblent... Charles Martel n'avait rien vu !... C'est des genres de personnes discrètes celles qui nous pillent, nous saignent actuellement à côté de celles qui nous guettent. Ça sera une telle bousculade, une ruée tellement farouche vers tous les nougats que ça sera des "écrasements de terre" dans les frontières où ils passeront. Ils chargeront si dense, si épais, entre Dunkerque et la Côte d'Azur qu'on verra plus ni chemins, ni routes.

Je vous le prédis, c'est écrit, la mère des Apôtres est pas morte. Le monde est encore plein de martyrs qui crèvent au fond des ergastules du désir de nous libérer, et puis d'être "titularisés" par la même aubaine dans des fonctions pas fatigantes, d'un ministère ou d'un autre, avec une retraite. Jamais on n'a vu tant d'Apôtres, comme de nos jours, retraités. Le front commun à cet égard, c'est qu'une petite répétition, une petite avance sur l'avenir juif...

L'avenir juif s'occupera de tout. Il s'occupe déjà de tout... Des arts populaires entre autres, avec beaucoup de sollicitude... Ils font éminemment partie du fameux "Sozial" les arts populaires...

Un soir, saisi par l'inquiétude, je me suis décidé à descendre, pour me rendre compte un tout petit peu, dans la cave de la "Culture", pour voir ça ! Ce qu'ils allaient en faire des arts populaires, nos rénovateurs sociaux, quand ils nous auront "libérés"...

Ça se passera pas en plaisanteries, je peux déjà vous le garantir, y a qu'à regarder un peu leurs faces, leurs manières de "passionnés"... Je suis donc descendu dans cette cave, une petite "Sorbonne pour martyrs" encore un peu plus juive que l'autre, rue de Navarin. J'ai l'air de vaticiner, de déconner à grand plaisir, sur des "visions", de plus reconnaître que des sémites, chaque coup que je me promène, mais foi de branleur ! je vous assure ! que jamais j'avais tant vu de Juifs dans un aussi petit espace, que dans cette cave de la Culture, confinés, fumants, jamais vu tant de fonctionnaires, fonctionnaires en titre, élèves fonctionnaires, tant de Légions d'Honneur, tant d'Apôtres entassés dans un soubassement, vociférant dans les volutes, je crois que j'étais le seul Aryen de cette fanatique réunion. Je n'en menais pas large.

Et comme ils étaient messianiques ! Crépus ! myopes ! anathémateux ! Et frénétiques de rédemption ! merde ! Ils l'avaient dans le cul l'art moderne... fallait voir comme ils gigotaient, comme ils saccadaient les pauvres chaises ! Et puis pressés, trépignateurs, à faire s'écrouler toute la voûte, des rats coincés dans un fond de cale. en cours de fumigation, voilà ce qu'ils représentaient. Ils se débattaient dans cet antre, ils me rappelaient Harlem et le "Divine Father"

Un petit tout noir, genre curé, je m'en souviens bien, il était campé sur l'estrade, il dominait le bacchanal, il s'égosillait au-dessus des contradicteurs, je vois encore ses bananes, immenses, plus larges que sa tête, ses panards qui passaient le rebord, il avait tout du Charlot, mais alors un Charlot sinistre, salvateur et râleux...

Il s'agissait de peinture, c'était le sujet de la controverse... avenir "sozial" de la peinture... Et puis sur le plan tragique et même vengeur, je vous le jure ! Il s'agissait pas de facéties... Il en écumait le "Réglisse"... se débattant, s'écartelant, pour convaincre. un "crucifié" tétanique. "Vous êtes pas mural !" qu'il hurlait... "Vous êtes pas mural ! Vous comprenez rien du tout ! au sens des Révolutions ! Vous êtes pas mural ! Vous êtes pas mural ! Camarades !". Il en avait tout spécialement après un nommé Wirbelbaum... le Wirbelbaum dans un nuage, perdu dans le fond de la fumée, un terrible tourbillon de gestes...

-- Toi, Wirbelbaum, che vais te dire quelque chose... tu sais quoi tu es Wirbelbaum ?...

-- Tis-le ! nom de dieu ! tis-le !...

--Tu... tu... es peintre de " chefalet ! "...

Où qu'il était ce Wirbelbaum ?

-- Ah ! Ah ! Ah !... il s'étranglait en entendant ça... il agonisait dans les quintes... Il en râlait Wirbelbaum, les mots lui venaient plus... Il devenait fou... d'entendre des injures semblables !... Il était myope Wirbelbaum, à se faire gicler les orbites tellement il cherchait l'opposant... Il retrouvait pas le sens de l'estrade. Il répliquais à l'envers de I'autre côté... Le Réglisse il continuait, il l'incendiait davantage... Il était en sacrée transe...

-- Wirbelbaum ! tu n'es pas mural !... tu es arriéré ! Wirbelbaum ! tu l'as pas l'instinct "sozial" de la Révolution des masses !... tu ne comprentras chamais ! chamais rien ! Tiens ! che fais te dire Wirbelbaum tu es un peintre, tol ! dans le chenre de Fragoûnard ! Fragoûnard ! pour le chefalet ! un peintre de chefalet ! La propagande picturale ! La fraie propagante itéolochique ! Wirbelbaum ! tu la combrends rien ! tu la combrends rien !... Les dignitaires Juifs de Culture, dont Cassou le grand Poète-Inspecteur-Damné-dela-Terre (100.000 francs par an) ils se fendaient quand même la prune derrière le Bureau...

Le Wirbelbaum, en fusion, il tressautait de furie, les copains l'avaient pivoté dans le sens de la scène, mais fallait maintenant qu'ils s'opposent, qu'ils le ceinturent en prises, en force... Il se connaissait plus Wirbelbaum... il voulait rebondir sur les planches... réduire l'autre "mural"...

-- Fragoûnard ! Fragoûnard ! il en râlait dans les vapeurs... Ah ! le menteur !... Ah ! le fumier !... Il trouvait plus ses insultes... Il lui venait plus que des bulles... des écumes... des bribes...

 

 

 

Considérés comme nation, les Juifs sont par excellence

les exploiteurs du travail des autres hommes.

Bakounine.

 

Mais moi je lui dis à cet enflé, mais moi ! je suis pas réactionnaire ! pas pour un poil ! pas une minute ! pas fasciste ! pas conditionnel ! Ils vous prennent tous pour ce qu'on est pas ! des talmudistes ! des compliqués ! des triples fonds comme eux-mêmes ! Mais pas du tout ! mais moi je veux bien qu'on partage ! Mais moi j'ai jamais demandé mieux ! Là ! mes quatre sous sur la table ! Tout de suite encore ! et bien gagnés ! je vous affirme... dans la quarante-troisième année de son âge !... Pas extorqués du tout au peuple. Jamais touché un petit sou qu'il n'ait gagné 120 fois ! Toutes ses études en bossant, Ferdinand, d'un patron dans l'autre... vous savez ce que cela veut dire... à la sauvette avant la guerre... Pas né dans la bourgeoisie... jamais mis une heure au lycée... de la communale au tapin !... Je te connais bien petit bonhomme !... Et youp là fier bambin !... Il marne depuis I'âge de douze ans !... 22 patrons Monsieur, 22... Ils l'ont tous foutu à la porte !... Il en a encore deux ou trois !... et même quatre pour mieux dire... Ils se tâtent pour le balancer... Ils le considèrent troublement... Ferdinand a l'habitude. Il était fourgué aux patrons corps et âme avant sa naissance, comme tous les pauvres... Il a toujours, Messieurs, Mesdames, volé ! racheté ! sa vie au jour le jour !... au fur à mesure... fait semblant d'être avec les autres... au banc de galère... Travaillé pour les singes d'une main, de l'autre pour sa tête personnelle... et bien soucieux que nul n'en sache !... Il s'est caché dans les chiots, il avait l'air d'aller se poigner,


Ce texte comporte les pages 71-80 du pamphlet de Louis-Ferdinand Céline, intitulé Bagatelles pour un massacre. Le "massacre", dans la pensée de l'auteur, est évidemment celui qu'il prévoit, en 1937, comme ce qui arriverait s'il éclatait une deuxième guerre mondiale.

Contrairement à la rumeur, les pamphlets ne sont pas interdit par des lois, des règlements ou des tribunaux. Ils n'ont pas été réédités par des maisons d'édition ayant pignon sur rue parce que l'auteur, revenu en France, voulait pouvoir vendre les livres qu'il écrivait alors pour gagner sa pitance. Cette mesure d'opportunité n'a plus lieu d'être après la disparition de l'auteur, en 1961. Personne n'a la droit de soustraire à la légitime curiosité des générations suivantes ce qui a été le noyau incandescent de la littérature française vers le milieu du vingtième siècle.

Le texte ici reproduit est celui d'une édition probablement pirate. Les détenteurs d'une éditions réellement authentique voudront bien nous signaler les éventuelles différences.

D'autres groupes de 10 pages suivront.

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