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LOUIS-FERDINAND CELINE

 

 

BAGATELLES POUR UN MASSACRE

 

[8] (p. 81-90)

 

pour préparer ses examens... Je vous le dis tel quel... Ils sont méchants les frères de classe dès qu'on essaye de s'affranchir, ils sont pires que tous les patrons, comme jalousie, fiel et lâcheté... Ainsi les bachots... la médecine... et puis le " Voyage " en plus, si ça ne vous fait rien... pas par des sentiers, je vous prie, qui passaient par les Ministères. Toujours il a racheté, arraché sa vie, Ferdinand, d'un petit sursis à l'autre... d'un jour à l'autre... par cent mille ruses... et miracles... Il a fallu voler ma vie... et cependant jamais libre... Chaque matin on venait me la reprendre... ce qu'il en reste... c'est régulier... Quand j'entends des piafs installer, parler de leurs inouïes épreuves, de leurs effroyables aventures!... Putain de dieu! j'en cramoisis!... Plats superficieux petits crabes! Si moi je voulais causer... Quels papiers je pourrais montrer! Quels passeports m'ont sorti du Bain... Eh! bien Monsieur, ça m'est égal!... Je veux bien tout remettre sur la table. Si l'on partage " absolument ". Pas autrement! par exemple! absolument! je répète et tout de suite!... Moi je me sens communiste sans un atome d'arrière-pensée! " Car vois-tu chaque jour communiste davantage! aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain... " Vous connaissez ce mirliton ? Mais alors tout le monde! et ensemble... j'insiste! sans exception!... aucune! sans sursis!... pas une fausse note! pas un soupir dans ce grand choeur! Je me sens communiste de toutes fibres! de tous les os! de toute barbaque! et c'est pas le cas pour bezef!

Ce qu'on appelle communisme dans les milieux bien avancés, c'est la grande assurance-nougat, le parasitisme le plus perfectionné des âges... garanti admirablement par le servage absolu du prolétariat mondial... l'Universelle des Esclaves... par le système bolchevique, farci superfasciste, boulonnage international, le plus grand coffre-fort blindé qu'on aura jamais conçu, rivé, compartimenté, soudé au brasier de nos tripes pour la plus grande gloire d'Israël, la défense suprême des éternels youtres pillages, l'apothéose tyrannique des délires sémites!... Salut!... Pour ça vraiment!... non Moloch! Je m'en ressens pas!... pour faire remonter sur le trône d'autre fous semi-nègres encore mille fois pires, plus incapables, plus jacasseurs, mille fois plus criminels encore que ceux qu'on vient de perdre! Autant de super-Béhanzins... Des clous!... Pourquoi faire ?... Mais s'il s'agit du vrai communisme, du partage de tous les biens et peines du monde dans la plus stricte égalité, alors je m'en ressens comme personne... J'ai [82] plus besoin qu'on me stimule, qu'on me bassine... qu'on me catéchise. Je suis prêt, au garde à vous... Je suis le plus grand partageux qu'on aura jamais connu... et je vous fous mon billet qu'il me faut pas beaucoup pour vivre. Communisme tant qu'on voudra, mais sans les Juifs, jamais avec les Juifs. Rappelons un peu les événements : Monsieur Gide en était encore à se demander tout éperdu de réticences, de sinueux scrupules, de fragilités syntaxiques, s'il fallait ou ne fallait pas enculer le petit Bédouin. que déjà depuis belle lurette le " Voyage " avait fait des siennes... J'ai pas attendu mes 80 ans pour la découvrir l'inégalité sociale. A 14 ans, j'étais fixé une bonne fois pour toutes. J'avais dégusté la chose... J'avais pas besoin de savoir lire. Qu'il me soit permis de noter (puisque l'oubli est à la mode) qu'avant, depuis, pendant le " Voyage " les écrivains de gauche, en titre, en cour au balcon, se sont énormément grattés, ici, là-bas, et puis ailleurs, pour nous donner dans le sens " communiste intime " quelque chose d'encore beaucoup mieux... L'intention était fort louable, parfaitement honnête... Mais où sont les chefs d'oeuvre promis ?... On s'est pourtant bien réunis, ici, là-bas et puis ailleurs. Et comme on a bien déclamé! Enormément pontifié! comme on a tranché! jugé! pourfendu! navré les impies... Sur le plan idéologique. Quel massacre encore! Et puis tout transporté par l'apostolisme, n'y tenant plus de se faire voir, trop admirable à contempler! comme on s'est bien tâté l'esprit devant des millions de personnes! Emerveillées, exultantes, hagardes! au bord des estrades! devant tous ces génies radiants en puissance!

Comme la critique a bien rampé! comme elle a bien encensé, devancé, soufflé, tambouriné ces pauvres merdes! les moindres fifrelins poussifs, le moindre aigrelet vermicule tombé du cul de ces prodiges... Quelle fracasserie de tambours pour saluer la chute au papier du plus piteux de ces faux étrons! Quel carafouillage de trompettes!

Où sont cependant les chefs-d'oeuvre promis ? Je n'aperçois partout, au plus loin dans ces déserts de la Promesse que piètres jonchées de brosses à reluire... toutes abusées jusqu'à la corde... En a-t-on hurlé des sottises! Avec quel cosmique culot s'est-on poussé du rose au rouge! au blanc! au " sur-moi " plus que rouge!... Pauvres " moi", de nature si tiède...

Ce pourrait être un grand motif comique de l'époque, la déconfiture spirituelle des écrivains de la gauche (théâtre ou roman)... [83] L'âme n'a pas suivi, mais pas du tout! la doctrine, la tartuferie générale. A cet égard tout au moins la faillite est totale... L'âme communiste ne s'exprime nulle part... dans aucun de ces livres claironnés à tels fracas... pour une excellente raison, c'est qu'ils émanent d'individus, dits créateurs, tous absolument bourgeois, de coeur et d'intention, frénétiques intimes de l'idéal des bourgeois. Ils ne possèdent que le " plaqué doctrinal " communiste, le charabia, le tout venant des bobards... Ah! ce n'est pas facile à faire naître une musique au commandement! la preuve!

Où sont les chefs-d'oeuvre promis ?... Je posai la question, sans malice croyez-le bien. au directeur des Editions d'Etat, M. Orloff, à Leningrad. M. Orloff possède la tête de bourreau la plus angoissante, la plus froncée qu'on puisse découvrir dans cette ville où pourtant le patibulisme se porte énormément. Auprès de M. Orloff, M. Deibler que je connais un peu, vous prendrait un petit air bénin, accommodant, pusillanime.

-- Où sont les chefs-d'oeuvre promis ?...

-- Ils vont venir!... me répondit-il, fort engageant, à sa manière...

-- Ils ne viendront pas, Monsieur Orloff, je ne crois pas, je ne crois plus...

-- Et pourquoi donc ?...

-- Parce que vos auteurs ne sont pas très communistes... ils sont même assez bourgeois... et puis quelque chose de servile...

Sur ces mots prit fin notre entrevue... l'unique.

Si demain, par supposition, les Fritz étaient rois... Si Hitler me faisait des approches avec ses petites moustaches, je râlerais tout comme aujourd'hui sous les Juifs... Exactement. Mais si Hitler me disait: " Ferdinand! C'est le grand partage! On partage tout! " Il serait mon pote! Les Juifs ont promis de partager, ils ont menti comme toujours... Hitler il me ment pas comme les Juifs, il me dit pas je suis ton frère, il me dit " le droit c'est la force " : Voilà qui est net, je sais où je vais mettre les pieds, Je me fais miser, ou je me tire... Avec les Juifs c'est tout sirop... tout manigances ...insinuances... gonzesseries... cancans, frotti-frotta... boomerang, harach-loucoums... On sait plus ce qu'on prend dans la bouche, si c'est une bite ou une chandelle... C'est une franc-maçonnerie dans l'autre ...La Révolution ?... mais je veux bien! Pas plus égalitaire que moi!... Je suis un enfant de Robespierre pour la question d'être suspicieux... Alors les privilèges ?,.. Mais [84] j'en ai aucun! Je m'en fous... Celui qui n'a pas tout donné il a rien donné du tout... C'est ma devise absolue. " Débrouillard " est mort comme " Crédit! " Qui veut essayer ? le bain alors!... Et tous ensemble! Les hautes fonctions dans la même flotte! la même carte au boulanger! gi! Pas un à pied, l'autre en vélo. Pas un à dix sous, l'autre à mille... Vous allez me dire, ces choses-là, c'est des bavardages, Ferdinand débloque encore... C'est bien! C'est bien!... je l'admets. Je vais vous donner des précisions, minute!... vous citer des faits, des circonstances, je vais être bref, actuel et typique, je ne veux pas vous ennuyer, vous me direz si j'ai menti...

La " Colombie " des Transat abordant à Leningrad, les autorités soviétiques se mettent, c'est classique, en frais pour l'équipage... Il s'agit en quelques heures de porter ces " frères de classe ", attardés dans les "endormeries " bourgeoises à température d'enthousiasme... au hurlement " Soviets partout! " Il suffit de s'y mettre tout de suite dare-dare! de leur faire admirer pendant quelques heures d'escale... tout ce que la ville et le Régime offrent de plus révélateur, de plus excitant pour des coeurs prolétaires. Autobus... tour... retour... églises... visites, revisites... rautobus... endoctrinage partout... discours... croquette finalement... A l'usine des téléphones on ahurit les pèlerins d'une avalanche d'explications techniques... les " sonner par les détails " fait partie du beau programme... Visite enfin terminée, réunion chez le directeur.

Bref topo, allegro du directeur, traduction par l'interprète-guide policier juif... " Vous avez vu chers camarades, en parcourant nos ateliers, que tous nos camarades ouvriers travaillent ici dans le contentement, le bonheur, l'entrain et la sécurité, ''Y a de la joie!'' Ce ne sont pas ici des esclaves surmenés, craintifs comme dans vos usines de l'Occident! Ici, ouvriers, ingénieurs, contremaîtres, directeurs, tous son égaux, tous concourent dans l'enthousiasme et l'égalité parfaite à l'édification du socialisme mondial... à la même oeuvre d'émancipation internationale!... etc!... etc!... Pour conclure, camarades, si l'un de vous désire poser une question au camarade directeur, celui-ci sera tout à fait heureux de vous répondre en toute franchise. "

Un membre de l'équipage:

-- Demandez donc au camarade directeur combien gagne en moyenne un ouvrier dans son usine ? [85]

-- De 200 à 300 roubles par mois (une paire de chaussures coûte 250 roubles, le logement 90... etc.., etc...)

Un autre marin tatillon:

-- Et le camarade directeur, combien il gagne, lui, par mois ?...

Petit embarras... conciliabule... chuchotements entre compère-directeur et compère-interprète...

Le directeur (en russe):

--Allez! allez-y!... dites-lui 1.500 roubles...

L'interprète :

--Le directeur vous fait répondre qu'il gagne 1.200 roubles par mois.

Puis il enchaîne, bafouilleur, enthousiaste et brouillageux :

-- Mais ici, n'est-ce pas, camarades, l'ouvrier jouit d'énormes avantages, je vous ai bien fait remarquer, les ouvriers ne sont pas du tout comme chez vous, attachés pour toujours aux plus dures besognes... ils ne font qu'un temps dans les emplois subalternes! ils montent! ils montent! ils gravissent tous les échelons! tous les camarades ouvriers peuvent devenir eux aussi à leur tour directeur! tous!...

Le directeur (un peu nerveux):

--Dites-leur bien que j'étais ouvrier moi aussi...

L'interprète (pour la surenchère):

--Le directeur vous fait dire qu'il était autrefois marin! comme vous!...

Pas plus marin que de beurre au cul... mais 10.500 roubles par mois et Membre du Parti... Pas plus d'avantages ouvriers que d'ablettes au Sahara...

le vous ai donné pour exemple cette petite cascade de supercheries, multipliez cette brève histoire par quelque trois millions de cas, autant que de membres et de cousins du Parti, et vous posséderez à peu de choses près, la vérité sur les choses russes.





[86]

Jehovah fut toujours le Dieu aimant l' odeur de la chair brûlée (Exode , 29,25) dont les hommes devaient perpétuellement apaiser la colère en lui offrant du sang. S' ils le privaient de chair humaine, ils lui sacrifiaient des animaux avec une telle abondance que le Temple de Jérusalem devint la plus colossale boucherie qui existât jamais.

La guerre pour la bourgeoisie c'était déjà bien fumier, mais la guerre maintenant pour les Juifs! Je peux pas trouver d'adjectifs qui soient vraiment assez glaireux, assez myriakilogrammiques en chiasse, en carie de charogne verdoyeuse pour vous représenter ce que cela signifie : Une guerre pour la joie des Juifs! C est vraiment bouffer leur gangrène, leurs pires bubons. Je peux pas imaginer une humiliation qui soye pire que de se faire crever pour les youtres, je ne vois rien de plus ignoble, de plus infamant

C'est pas la question que de mourir, c'est la question d'être le plus bas, le plus en retard, le plus con têtard qu'on aura jamais foutriqué sous la calotte de tous les cieux... Que veulent-ils les Juifs ? par derrière leur baragouin socialistico-communiste ? Leur carnaval démagogique ? Toute cette escroquerie infernale ? que veulent-ils ? Qu'on aille se faire buter pour eux, que ce soit nous qu'on reprenne leurs crosses, qu'on aille, nous, faire les guignols devant les mitrailleuses d'Hitler. Pas autre chose!... L'Idée! comme ils appellent, c'est une fantasmagorie, une entourloupe pire que le pucelage de la Sainte-Vierge!... On s'est étripé toujours sous l'impulsion des Juifs des siècles et des siècles pour le pucelage de la Sainte-Vierge, pour les burnes du Pape! faut pas rigoler!... Les motifs dont se servent les Juifs pour nous pousser à présent à la riflette sont tout aussi nuls, aussi cons. Le communisme, ils y pensent pas! ils n'y ont jamais pensé... Les Juifs agitent, propagent, [87] agressent au nom de leurs plus grandes Idées, avec les tripes des chiens goymes... Il faudrait d'abord demander aux Juifs, qu'ils sacrifient eux d'abord leurs tripes! personnelles... avant que les nôtres on les engage. Qu'ils crèvent tous eux d'abord, après on verra... L'Idée germera peut-être dans la charogne juive... C'est comme ça qu'ils se prouvent les martyrs, les vrais martyrs, pas avec des mots seulement. Les Juifs engagent toujours l'avenir mais ne font confiance qu'au présent... C'est au présent qu'ils se régalent de notre connerie, de notre hébétude, de notre crédulité en forme d'Univers einsteinien, en milliards d'années de nuit. Ces messies, ces hâves apôtres ne prennent contact avec l'Esprit, n'entrent en commerce spirituel qu'à l'aide du plus grand confort... Faut pas confondre! Les aises et la bonne vie d'abord! Essentiellement. Il ne s'agit, pour le fond de ces croisades hitlériennes, ou judéo-mongoles que de s'arracher les esclaves entre boutiques très rivales... Qui descendra non-juif, dans l'arène, y laissera sûrement sa barbaque et ne remontera rien du tout. C'est un chien, il aura un os, au mieux! et puis c'est marre!... Jamais un rond du bénéfice!... De la dernière folie bourgeoise 14-18. Ies youtres sont sortis grands vainqueurs!... Poincaré, Viviani, Ribot, Millerand, Clemenceau : tessons retors, aigus maniaques, imbéciles. pantins pervers, cabotins canailles, fielleux, vendus, pourvendus aux Juifs, salaisons de Juifs, vieillards ivres du goût de mort, intraits de prostates pourries, ils ont durer l'Hécatombe, fanatiques des abattoirs, dans l'espoir unique, miraculeux baume pour ces cadavres en suspens, que pas un jeune n'en reviendrait. On a massacré la moitié de la France, la plus jeune, la plus virile pour ravigoter les basses moelles de quatre magots anatomiques. Il faut ce qu'il faut! C'est la gloire! Tous les grands vampires durent cent ans! Et la prochaine ce sera bien mieux! bien plus implacable encore, bien plus fignolé, plus saignant, plus torrentiel, ça sera la fin du cheptel. La haine des Juifs pour les animaux que nous sommes est à ce point virulente, d'une telle ardeur contenue, concentrée, que nous serons projetés, embrasés, dépiautés, éparpillés dans la mitraille, tout vifs, avant d'avoir tiqué d'un oeil...

Les peuples toujours idolâtrent la merde, que ce soit en musique, en peinture, en phrases, à la guerre ou sur les tréteaux. L'imposture est la déesse des foules. Si j'étais né dictateur (à Dieu ne plaise) il se passerait de drôles de choses. Je sais moi, ce qu'il a besoin le peuple, c'est pas d'une Révolution, c'est pas de dix Révolutions... [88] Ce qu'il a besoin, c'est qu'on le foute pendant dix ans au silence et à l'eau! qu'il dégorge tout le trop d'alcool qu'il a bu depuis 93 et les mots qu'il a entendus... Tel quel il est irrémédiable! Il est tellement farci d'ordures maçonniques et de vinasse, il a les tripes en tel état d'enjuivement et de cirrhose qu'il croule en loques dans les chiots juifs à la poussée des hauts parleurs.

A ma " bourgeoisie du sol ", pendant le temps de ma dictature, je lui en ferais tellement chier, je lui ferais apprendre des telles bonnes manières, que je lui ferais regretter la Commune, les Jésuites, les Incas. Ies Huns, le suicide par les bêtes fauves. Mais c'est le " Passé " nos bourgeois! Ils signifient presque plus rien!... Depuis toujours fourriers des Juifs, l'insécurité les annihile, ils crèvent de trouille dans le fond de leur froc. Ils savent même plus où mettre leur fias, tellement ils ont hâte de trahir, de se vendre, la peur de " trahir pas assez ". Ils se feraient peindre en Abyssins, ils se feraient retourner les narines, pour que les youtres les rétablissent, les tolèrent encore un peu, dans le nouvel ordre, les privent pas tout de suite de leurs "Hostelleries ". Ils sont nés dans la traîtrise, ils crèveront de même... dans la panne et dans la tractation... Je me demande toujours ce qui est le plus dégeulasse, une merde de Juif bien aplatie, ou un bourgeois français tout debout... lequel qu'est infect davantage? Je peux vraiment pas décider.

La prochaine guerre on peut prévoir, ça sera trois frontières à la fois, et des badoures! des formidables! pas des petites! des immenses! Je vous la souhaite belle et guillerette! enfants des Héros! fils des Gaules... Allemagne! Espagne! Italie! Ceux qui savent creuser, creuseront! Jamais tant de tranchées, si profondes! si larges! si longues! n'auront englouti tant d'hommes à la fois! Pour l'immense gloire d'Israël! pour l'Idéal maçonnique! Pour la vengeance des petits Juifs virés des bonnes places germaniques!... Pour la gloire des Bourses! des Valeurs et du Commerce! et des Bidoches! Pour l'arrivée fraîche et joyeuse de millions de youtres bien pillards qui nous manquent encore et qui se consument d'impatience dans le dénuement des ghettos!...

Français du sol, un peu de coeur! Ne vous endormez pas comme ça!... Seriez-vous dégénérés? Souvenez-vous en cet instant sublime, admirablement attendu, de vos traditions chevaleresques! un Français n'a jamais sourcillé une petite seconde pour la défense de la Patrie! Bon sang ne saurait mentir! Sang guerrier! Le Français [89] ne se redresse que sous les balles! Quel soldat! Bayard! Murat! La Tour d'Auvergne! Présent! Sus donc aux hordes germaniques! Affreuses massacreuses de Juifs! L'Internationale! oui! mais seulement avec les Russes! attention! les judéo-mongols. Pas de méprises! ne faites pas attendre Yubelkrantz!... Lisok, Lévy, Rosenbaum, ils broient du noir, ces malheureux, là-bas, ils souffrent, ils s'ennuient... pendant que vous chichitez encore devant la porte du charnier... Qu'attendez-vous donc bande de lâches? 5 Vous pouvez partir tranquilles... vous serez remplacés dans vos boulots promptement, dans vos maisons et vos lits... dix fois plutôt qu'une!... Vos femmes d'ailleurs ne demandent qu'à se rendre, que dis-je! elles sont aussi impatientes de vous mener gare de l'Est que Lizok Lévy, Yubelkrantz... de vous propulser au casse-pipe... La femme est une traîtresse chienne née... autant que le Juif est escroc né... La femme, surtout la Française, raffole des crépus, des Abyssins, ils vous ont des bites surprenantes! Ils sont si vicieux, si câlins. Ils comprennent si bien les femmes!... Ah! cet Orient!... c'est autre chose!... cocus des tranchées, pauvre viande " kachère! " vous ne serez pas oubliés! vous serez pompés, happés, déglutis, fondus dans la Victoire Juive... On vous arrangera en pensions pour les veuves bien consentantes!... On se régalera avec vos os... On ira en cars admirer les lieux où vous fûtes sonnés pour les Juifs, on ira guincher sur vos tombes, vos épouses chéries et les youtres. Ils viendront sur vos charniers, dégueuler le dimanche, on s'enculera sur votre martyr. Ca sera comme ça la survie, le souvenir! A votre santé pote!... L'Angleterre alliée? mes burnes! Encore une fameuse balancelle! Ils iront molo je vous assure ce coup-ci... encore bien plus mou qu'à l'autre... Ils risquent bien davantage... Un an pour mobiliser... encore un an pour instruire... Nous serons déjà tous asticots quand débarqueront dans les Flandres les premiers invertis d'Oxford... la jolie Home-Fleet du Whisky se répandra sur l'Atlantique expectante... Les Juifs sont rois de la Cité n'oublions jamais... l'une de leurs suprêmes citadelles avec Wall Street et Moscou... On ne détruira pas beaucoup...soyez bien certains...De l'expectative! beaucoup d'expectative, un " wait and see " formidable... Ils ne feront rien cette fois-ci les Juifs, la Chambre des Lords, juive, les magnats d'Angleterre avec précipitation... Ils enverront quelques avions... quelques généraux déjeuner chez Maurois... et discuter au Ministère un petit peu le tunnel sous la Manche...

[90] Mais pour la corrida cosmique, c'est nous qui fournirons la casse... c'est notre pays, bien désigné, le plus pourri, le plus décadent d'Europe... qui doit régler tous les frais... Frais! j'entends de notre viande... nos gésiers... à nous goymes! après tout notre pognon...

Dans les Balkans, les Juifs anglais feront donner l'or de la Banque (le nôtre c'est-à-dire par transfert), l'Intelligence Service et les Tchèques. Les empotés preux d'Oxford, délicats énergumènes, se donneront en manifestes et en conférences... Ils militeront à Trafalgar pour l'enrôlement des chômeurs... Mais Bidart à nous, Brodin du Puy-de-Dôme, Lacassagne, Vandenput et Kersuzon fourniront joliment les pipes et toutes les carotides du Stand... Avec eux pas de flan! pas de grimaces. Ca sera goupillé le premier jour! Ils feront pas semblant! Ils iront pas aux conférences. Ils se donneront du péritoine, de la baïonnette, je vous assure, de la grenade, du médiastin... C'est pour eux toute la riflette, pas une seule discussion possible... dans toute l'étendue de la patrie... Et le Juif alors ? Nos libérateurs forcenés ?... où qu'ils seront ?... nos frénétisants, nos excellents youtres ?... nos rats ?... nos adorables naturalisés ?... Hein ?... " trop vieux, trop longs, trop gras, trop myopes, trop bigles, panards, systoliques, albumineux "... Le vent de la gloire passe à côté, ils sont trop fragiles et trop précieux... différés en somme... au plus... brancardiers... au pire: dans l'Etat-Major... " quelque chose " dans un genre qui inspecte beaucoup les caves... interprètes aussi forcément... officiers près du général pour donner des ordres de boucherie... beaucoup de téléphone... Il faut ce qu'il faut!...

Gutman il me disait l'autre jour:

--Tu verras tiens, Ferdinand! Tu les connais pas les francecailles! Un coup de clairon et hop! ils s'envolent! Ils foncent tous comme un seul homme!... Les voilà poitrines en avant! superbes! dressés devant l'ennemi...

C'est exact... C'est Bidasse... C'est bien Lidoire et Vandenput, et encore dix millions comme ça qui vont se faire crever pour le youtre! (sur trois hommes tués à la guerre, deux sont paysans, 1/1.300e seulement est juif...). Il a bien raison Gutman. Il suffira de quinze jours de radio, de presse, et de fanfare pour qu'ils se ruent tous, bien vinasseux, se faire hacher dans les barrages, c'est enfantin comme mécanisme... Bidasse, Guignon, Miraillé, La Goumette,


Ce texte comporte les pages 81-90 du pamphlet de Louis-Ferdinand Céline, intitulé Bagatelles pour un massacre. Le "massacre", dans la pensée de l'auteur, est évidemment celui qu'il prévoit, en 1937, comme ce qui arriverait s'il éclatait une deuxième guerre mondiale.

Contrairement à la rumeur, les pamphlets ne sont pas interdit par des lois, des règlements ou des tribunaux. Ils n'ont pas été réédités par des maisons d'édition ayant pignon sur rue parce que l'auteur, revenu en France, voulait pouvoir vendre les livres qu'il écrivait alors pour gagner sa pitance. Cette mesure d'opportunité n'a plus lieu d'être après la disparition de l'auteur, en 1961. Personne n'a la droit de soustraire à la légitime curiosité des générations suivantes ce qui a été le noyau incandescent de la littérature française vers le milieu du vingtième siècle.

Le texte ici reproduit est celui d'une édition probablement pirate. Les détenteurs d'une éditions réellement authentique voudront bien nous signaler les éventuelles différences.

D'autres groupes de 10 pages suivront.

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